l’Histoire de Bizerte
Bizerte Histoire et mémoire
Naissance d’une cité Marine
Descendant d’un petit comptoir phénicien, dont l’origine remonte au premier millénaire avant J.c., Bizerte a porté, d’après les auteurs grecs et latins de l’Antiquité, plusieurs noms dont les plus connus sont Hippo, Hippo Aera, Hippo Diaritus et Hippo Zaritus. Son nom arabe : Banzart, fixé depuis la conquête musulmane du VIle siècle, dérive d’une déformation phonétique de son nom antique. Petite escale sur la route maritime de l’Ouest, Hippo Diaritus doit sa fortune aux avantages naturels de son site et à sa position côtière remarquable. Disposée au carrefour des bassins oriental et occidental de la Méditerranée, sur la rive méridionale du détroit de Sicile, Hippo dispose, de par sa situation à l’embouchure d’un système lacustre largement ouvert sur la Méditerranée, d’une position maritime privilégiée. A l’origine, Hippo n’est qu’un petit relais habilement placé dans la chaîne des comptoirs puniques des côtes méridionales de la Méditerranée. Point de relâche et de ravitaillement des vaisseaux engagés dans les longs trafics, Hippo accède progressivement au rang d’une petite cité de la mer.
Ville libre, elle se dote d’une petite flotte et s’entoure de fortifications. Sa vocation maritime lui ouvre, certes, les voies des échanges méditerranéens mais ne facilite pas son extension territoriale. Trop proche de Carthage et d’Utique, excentrée par rapport aux routes qui convergent vers la capitale, Hippo gardera pendant de longs siècles le statut d’une petite cité de province mal intégrée à son arrière-pays.
Pourtant, les mentions récurrentes d’Hippo dans les livres anciens laissent supposer qu’elle revêt aux yeux des stratèges du monde antique une valeur qui dépasse son importance urbaine. De ce fait, elle s’est trouvée mêlée à tous les grands évènements qui ont secoué l’Afrique antique. Le rôle d’Hippo apparaît dans les chroniques anciennes, à l’occasion de l’expédition d’Aghatocle de Sicile contre Carthage en 310 avant J.C. Ce dernier débarque sur les côtes septentrionales de l’Afrique, met le siège devant Hippo, la prend d’assaut après une résistance de quelques mois, ordonne sa destruction dans un premier temps, puis décide de la régénérer pour en faire une base d’opérations contre Carthage.
Les guerres puniques
Après la défaite d’Agathocle, Hippo rentre définitivement dans l’orbite de Carthage et participe à ses côtés à toutes les épreuves qui marquent le pays. Sa fidélité à Carthage, durant la première guerre punique (255 avant J.c.), lui vaut la destruction de sa flotte. Cette crise passée, la révolte des mercenaires, qui découle de la guerre, la rejette de nouveau dans la tourmente.
Armée cosmopolite prompte aux coups de main, les mercenaires se soulèvent contre leurs anciens maîtres carthaginois pour imposer le règlement des arriérés de leurs soldes. Repoussés dans un premier temps vers les côtes nord, les insurgés établissent leur quartier entre Utique et Hippo, et se gonflant de nouveaux venus, ils dirigent leurs raids meurtriers contre Carthage. Cherchant à observer la neutralité dans le conflit, Hippo refuse de prendre parti. Mais force lui est de reconnaître la suprématie des révoltés. Contrainte d’ouvrir ses portes aux mercenaires, Hippo subit toutes les avanies d’une soldatesque déchaînée. Après maintes péripéties, la fortune des armes change de camp: le général Amilcar écrase la révolte dans le sang et reconquiert Hippo au prix de durs combats. Trente cinq ans plus tard, la deuxième guerre punique entraîne notre ville dans de nouvelles tourmentes. Cependant, Hippo a l’immense satisfaction de résister, à la fin de la guerre (203), au siège du général romain Scipion l’Africain qui détruit, de guerre lasse, ses propres machines de guerre avant de se retirer.
La ville s’est à peine relevée qu’une nouvelle épreuve est venue l’ébranler. Pour Carthage et sa fidèle alliée Hippo, la troisième guerre punique est un désastre total. En dépit d’une résistance héroïque, le sort d’Hippo tourne définitivement. Sa fidélité à Carthage lui vaut d’être saccagée et détruite.
De la conquête romaine à la domination byzantine
La conquête romaine efface d’un trait neuf siècles d’histoire punique. Démantelée, Hippo voit son territoire Passer à Utique qui a pris le parti de Rome. Et il faudra longtemps pour qu’une nouvelle ville romaine s’élève à la place du site punique d’Hippo.
La chronologie de cette reconstruction est fort incertaine. Les quelques renseignements fragmentaires dont on dispose sont d’ailleurs peu prolixes sur le processus de romanisation de Hippo Diaritus ou Zarithus. Tout au plus sait-on que les romains ont régénéré son port pour en faire un point d’embarquement de l’annone. Le rôle joué par Hippo Diaritus dans l’approvisionnement en céréales du port romain d’Ostie est attesté par les vestiges épigraphiques mis au jour dans le forum des corporations de ce port. Sous Auguste, Hippo Diaritus accède au rang de colonie romaine, ce qui implique la mise en place d’une organisation municipale imitant celle de Rome. Faute de témoignages précis, on peut conjecturer vraisemblablement que Hippo a été dotée, à l’instar des autres villes romaines, de tous les édifices nécessaires à la vie collective : forum, temples, théâtres, thermes.
La paix romaine aidant, Hippo Dieiitue voit s’ériger dans ses environs deux centres de colonisation agricole : le premier à Thisita près de Béchateur et le second à Theudalis au sud de l’Oued Tindja. Petite cité de province, “jalouse de son repos ”, au dire de Pline, Hippo Diaritus n’est pas mêlée aux révoltes incessantes qui ont secoué l’ordre romain. Le seul fait marquant de l’époque est l’émergence du Christianisme. Comme partout ailleurs, la nouvelle religion acquiert peu à peu droit de cité. Les premières communautés chrétiennes, une fois admises par la société politique, sont autorisées à mettre en place de nouveaux lieux de culte. Hippo Diaritus a droit à une basilique dont le premier évêque porte le nom de Pétrus.
La ville ne manque cependant pas d’être profondément affectée par le déferlement des Vandales en Afrique du Nord (439). Déchue comme la plupart des cités de la côte et accablée par la destruction de ses remparts, Hippo Diaritus subit stoïquement, un siècle durant, l’emprise barbare.
Mais la reconquête byzantine, entreprise par le général Bélisaire, brise d’un coup la présence vandale en Afrique. La paix revenue, Hippo Zaritus se relève de sa déchéance : pour se protéger, elle s’entoure d’une ceinture de remparts. Mais les Byzantins ne tardent pas à lâcher prise : l’incursion des premières armées arabes sur le territoire africain, se solde par la défaite de 647 et le recul de l’influence byzantine. Dès lors l’effondrement des derniers bastions byzantins n’est plus qu’une question de temps. Hippo ZOOtus est conquise une première fois par Muàwiya Ibn Hudaydj en 661, mais elle n’est enlevée définitivement qu’en 698 par Hassen Ibn Noman.
Bizerte sous les premières dynasties arabes
La conquête arabe ouvre une nouvelle page dans l’histoire de la ville. Le nom antique de Hippo Diaritus ou Zaritus disparaît et cède la place à l’appellation arabe actuelle : Banzart. Et comme ailleurs, l’espace urbain et les conceptions architecturales subissent à leur tour une mutation profonde : à la formation urbaine latino-byzantine marquée par ses conceptions géométriques, succède une structure urbaine islamique dont les traits les plus caractéristiques sont le tracé des rues et le style spécifique des maisons d’habitation.
Le VIIe siècle sonne le glas de la prospérité de la Cité du Nord. Déchue par le déplacement des grandes routes vers le centre du pays : Bizerte ne jouera plus qu’un rôle très effacé dans l’histoire de l’Ifrikya médiévale. Sa neutralité dans les affrontements qui marquent les mutations du pouvoir dans le pays ne la désigne pas à la faveur des dynasties régnantes. Au Xe siècle, Bizerte est signalée par le géographe Ibn Hawkal (vers 947-951) comme étant le chef-lieu de la province de Satfura. A un siècle d’intervalle (vers 1070), le voyageur El Bekri décrit à grands traits les aspects caractéristiques de la ville : “A l’Orient de Tabarca et à la distance d’une journée et demie, s’élèvent les châteaux de Banzart qui offrent un asile aux habitants de cette localité toutes les fois que les Roum essaient d’opérer une descente sur la côte. Ils servent aussi de Ribat aux gens qui s’adonnent à la dévotion.’ et l’auteur ajoute que “La Marça-el-Cobba est dominée par Banzart, ville maritime traversée par un gros fleuve, très poissonneux, qui va se jeter dans la mer. Elle est entourée d’une muraille de pierre et possède un Djamâ, des bazars, des bains et des jardins. Il n’y a pas d’endroit où le poisson soit à meilleur marché qu’à Banzart.”
L’invasion hilalienne et ses conséquences
Port discret et paisible, Bizerte semble avoir connu un semblant de paix à l’orée du XI siècle. Mais le déferlement des tribus hilaliennes, à partir de 1050, sonne le glas de cette fragile prospérité. L’Etat ziride s’effondre lamentablement et le pays éclate en une multitude de petites principautés indépendantes. Bizerte n’échappe pas à la tentation séparatiste. Pour conjurer le danger des Bani Riyah qui tiennent son arrière pays, les habitants de Bizerte s’en remettent à un aventurier : El Ward Lakhmi. Ce dernier éloigne la menace nomade moyennant le paiement d’un tribut et comme il s’attache à relever sa capitale, Bizerte renoue avec une certaine prospérité et se voit doter d’édifices d’utilité : (mosquées, Bazars, mausolées…).
Les Bani El Ward se maintiennent dans Bizerte jusqu’en 1169, date de la conquête Almohade. Les armées d’Abdel Mouemen balaient d’un coup cette principauté éphémère. Bizerte fait sa soumission aux Almohades comme toutes les autres villes de l’Ifrikya . La Tunisie est à nouveau réunifiée, Bizerte est intégrée comme le reste du pays au territoire impérial d’une puissante dynastie. Intégration éphémère, puisqu’elle doit subir, quelque temps après, les affres d’une nouvelle occupation.
Vers 1203, un aventurier de renom : Ibn Ghania,ennemi jurédes Almohades, jette son dévolu sur la ville et impose à ses habitants de dures conditions de soumission. Pour mettre fin à la tyrannie d’Ibn Ghania sur l’Ifrikya, le calife Almohade An-Naceur prend lui même la tête de ses armées et vient le pourchasser. Battu, Ibn Ghania cède ses possessions aux Almohades.
Bizerte sous les Hafcides
La restauration de l’autorité Almohade annonce une nouvelle rupture : quelques vingt ans plus tard, l’Ifrikya accède au statut d’une province autonome et voit émerger la dynastie Hafcide. Bizerte n’en tire pas un bénéfice direct, mais sa région devient l’objet d’un engouement princier. Au XIIIe siècle, Al Mustansir fait aménager dans le Jebel Ichkeul un vaste parc de chasse et vient s’y livrer à la chasse à courre de septembre à mars.
A la même période, on enregistre l’arrivée des premières vagues d’émigrés andalous. Cet apport démographique n’a jamais été quantifié, mais il présente l’avantage d’enrichir les métiers locaux d’éléments industrieux: charpentiers, armuriers, potiers, maraîchers… Ce peuplement se traduit par l’apparition d’un nouveau quartier au Nord-ouest des mura: le faubourg des Andalous.
Le déclin de l’autorité hafcide favorise la guerre de Course et ranime les velléités autonomistes. Après avoir servi de base d’opérations aux corsaires andaloux et turcs, Bizerte s’empresse de répudier l’autorité hafcide. Deux faits majeurs marquent cette période troublée : la prise de Bizerte par le célèbre corsaire Khéreddine Barbarousse Guillet 1534) et sa reprise l’année suivante par les armées espagnoles commandées par Charles Quint. Les nouveaux conquérants font payer à Bizerte son alliance avec les Turcs.
Ultime déchéance: la ville se voit imposer un dur châtiment : la destruction de ses remparts. De 1535 à 1573, Bizerte se transforme en une enclave espagnole tenue par une garnison de quelques centaines d’hommes. Mais les Turcs ne tardent pas à réapparaître dans l’histoire du pays. La défaite infligée par Sinan Pacha aux forces espagnoles en 1574 marque la fin du duel hispano-turc en Tunisie et la disparition de la dynastie hafcide.
Intégrée à l’empire Ottoman, comme le reste du territoire tunisien, la ville de Bizerte naît à une vie nouvelle.
La période modern
Le XVIIe siècle est, en Tunisie, l’âge d’or de la Course. Portée par sa vague, Bizerte devient une plaque tournante d’une intense activité impliquant armateurs, rédempteurs, janissaires, mariniers et esclaves.
Acte de guerre, la Course prend une grande ampleur après l’établissement des Turcs en Tunisie. Mais elle voit son caractère privé s’estomper au profit de son caractère officiel et étatique. L’armement des bateaux continue, comme dans le passé, à intéresser une multitude d’acteurs : personnages officiels, commerçants, particuliers et jusqu’aux femmes qui engagent leurs bijoux à cet effet. Mais, sous couvert de guerre sainte, la Course devient une activité d’Etat dirigée par les grands dignitaires du pays.
La valeur défensive du port de Bizerte le désigne à la faveur des dirigeants turcs. Dès lors, ses défenses devaient se renforcer par l’affectation d’un détachement de janissaires turcs : 400 soldats en hiver, au moment où les galères sont le plus souvent désarmées, 200 en été, appuyés par 10 pièces d’artillerie. Quant au port, il deviendra le point d’attache de la flotte d’Etat des vaisseaux longs. Celle-ci est composée de six galères de 26 bancs, montées chacune par 140 à 150 janissaires de la milice, et armées de 20 à 40 canons, Cette force se rend célèbre, dans toute la Méditerranée occidentale, par ses hardis coups de main.
Les galères de Bizerte sont commandées par un grand personnage de l’Etat. Au début du XVIIe siècle cette charge incombe à Osta Mourad, renégat d’origine génoise, connu dans les sources occidentales sous le nom d’OstaMorato Génévose. Conseiller de Youssef Dey, Rais heureux, Osta Morato accède au deylicat en 1637 et s’y maintient jusqu’en 1640. Osta Mourad met ses galères en campagne deux fois par an : généralement au printemps et en automne. Celles-ci opèrent par groupe de deux ou trois, mais il leur arrive de s’associer aux galères d’Alger pour accroître leur puissance de feu.
La Course s’exerce contre les puissances chrétiennes qui n’ont pas conclu de traité de paix avec la Régence, en l’occurrence l’Espagne, les Etats du Pape, Malte, Venise et la Sardaigne.
Les galères de Bizerte s’attaquent de préférence aux navires de commerce, mais ne refusent pas le combat lorsqu’elles se trouvent en face de navires de guerre ennemis. Les sources occidentales ne tarissent d’ailleurs pas d’informations sur les hauts faits d’armes des corsaires de Bizerte : tel est le cas de la bataille navale de 1623, au cours de laquelle les galères de Bizerte s’en prennent à un convoi espagnol et s’emparent de deux galères, la Capitaine et la Patrone, chargées de draps et de caisses de monnaie. Deux ans plus tard (26 juin 1625), Osta Morato Génovése livre, devant Syracuse, une autre bataille à l’escadre de Malte. L’engagement se solde par la victoire des armes de Bizerte et la capture de deux galères de l’ordre de Malte : le Saint Jean et le Saint François. Deux cents chevaliers sont faits prisonniers et enfermés dans la Kasba.
Source de profits considérables, la Course rythme la vie de la cité, anime ses quais, ses marchés et ses bagnes. Le retour des corsaires apporte l’abondance et stimule les affaires. Les corsaires de Bizerte drainent vers les ports de la Régence d’importantes richesses: armes, métaux précieux, marchandises et esclaves. Les prises de mer étant vendues à l’encan, leur produit profite en premier lieu aux dignitaires du pays, c’est-à-dire aux membres du Diwan et dans une moindre mesure aux armateurs et aux membres de la milice. Les richesses accumulées rejaillissent indirectement sur la ville grâce aux largesses de certains souverains soucieux d’œuvre d’utilité publique. Bizerte connaît ses grandes heures sous Othman et Youssef Dey qui la dotent d’équipements de prestige : ponts, fontaines, quais et mausolées…
Mais à partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle, la Course montre les premiers signes d’essoufflement. Devenant de plus en plus coûteuse en hommes et en matériel, elle régresse progressivement au profit d’autres activités. En outre, les représailles des puissances chrétiennes empêchent Bizerte de se ressaisir.
En 1672, les galères de Malte remportent une éclatante victoire sur la marine de Bizerte et capturent cinq galères. La ville elle-même n’échappe pas au châtiment. A l’instar des autres ports de la Régence, elle essuie, à plusieurs reprises, les bombardements des vaisseaux de guerre européens. Entre autres, l’escadre française commandée par Dusquesne effectue, en 1681 et en 1684, deux démonstrations de force au large de Bizerte qui se soldent par la destruction des barques et du port.
Le déclin de la Course et ses conséquences
Le XVIIIe siècle voit alterner des moments d’expansion et des périodes de déclin. L’affermissement de la dynastie husseïnite est marqué par le règne de plusieurs beys énergiques dont la sollicitude pour Bizerte a laissé des marques indélébiles sur le tissu urbain de la ville.
Soucieux de paix et de stabilité, le fondateur de la dynastie, Hussein Ben Ali, ordonne la restauration des ponts de la Scala et celui de Othmane Dey. Mais le désordre qui marque la fin de son règne l’empêche de poursuivre son oeuvre. Son successeur, Ali Pacha, connu par son effroyable despotisme, se fait, néanmoins, remarquer par son goût de la construction : on lui doit, à Bizerte, la réédification des remparts détruits, jadis, par Charles Quint. Commencée en 1740, la reconstruction est terminée en 1743.
Le règne de Ali Bey (1759-1782) coïncide avec le déclin de la Course. L’Etat husseinite tente, à son corps défendant, de se désengager de ses activités. La France est sollicitée à plusieurs reprises de s’entremettre auprès de Malte en vue de la conclusion d’une suspension d’armes. Portée par les effets de la conjoncture, Bizerte se reconvertit, tant bien que mal, dans les activités commerciales, et c’est ainsi que l’on assiste dès le milieu du XVIIe siècle à l’esquisse d’un courant d’échange entre Bizerte et les ports de Marseille et de Livourne, portant sur le trafic du blé, du corail et certaines denrées de luxe fabriquées localement comme les boutargues.
L’intégration de Bizerte à l’économie méditerranéenne est accélérée par les facilités maritimes octroyées à certains Etats européens. Outre le privilège de la pêche du corail accordée à la France par le traité de 1680, Ali Bey autorise en 1768 la Compagnie royale pour la pêche à ouvrir un comptoir à Bizerte et à y entretenir des magasins. Témoin de l’importance accordée à cet échange, l’ouverture d’une agence consulaire française à Bizerte en 1789. Mais le renouveau du commerce n’arrête pas la Course. Les guerres de la révolution française et de l’empire ravivent cette activité pour un certain temps. Mais si les corsaires bizertins sont moins nombreux à prendre la mer, c’est parce que les représailles des puissances européennes sont de plus en plus vigoureuses. En 1770, l’escadre française, commandée par le comte De Broves lance plus de 300 bombes sur la ville. L’artillerie de la Kasba répond vigoureusement, mais ne parvient pas à conjurer la menace. Signe des temps nouveaux, les démonstrations de force devaient se renouveler au gré des intérêts des grandes puissances. En juillet 1786, la ville de Bizerte est à nouveau prise à parti par la flotte vénitienne qui lui occasionne des dégâts très sérieux.
La crise du XIXe siècle
L’interdiction de la Course par le congrès d’Aix-la-Chapelle en 1818, sonne le glas de la prospérité de Bizerte. Happée comme les autres villes tunisiennes par la crise généralisée du XIXe siècle, privée de ses ressources maritimes, la ville est dans l’incapacité de s’autoentretenir et de se développer. Au tarissement des recettes de la Course s’ajoutent les difficultés de dominer l’arrière-pays. Il en résulte une dégradation générale de la ville et de ses édifices. Dépeuplée en partie, Bizerte redevient une petite cité discrète, peuplée de pêcheurs, d’agriculteurs et d’artisans. Certes, le port continue d’être fréquenté, pendant la belle saison, par un nombre considérable de bateaux corailleurs venant pêcher dans son golfe le corail, mais l’ensablement de sein chenal rend malaisé l’accostage des vaisseaux d’un tonnage élevé.
La décadence de Bizerte devient plus évidente à la veille de l’occupation française. S’enfermant dans ses propres limites, la cité offre aux voyageurs l’image d’une ville déchue, vivant pour l’essentiel d’activités traditionnelles telle que la pêche et les cultures maraîchères. Quant au commerce, il est presque entièrement entre les mains des Juifs, protégés français et d’Italiens établis depuis longtemps dans le pays.
Mais la position stratégique de Bizerte ne manque pas d’éveiller depuis l’occupation de l’Algérie les convoitises européennes. Dans ce cadre là, l’amiral anglais Spratt effectue, en 1845, une mission de reconnaissance dans la région et démontre les avantages de l’établissement d’un port de guerre sur la rade naturelle de Bizerte. En 1878, Le commandement français lui emboîte le pas. Le commandant Perrier est dépêché spécialement à Bizerte pour faire les levées nécessaires à l’établissement d’une carte topographique et collecter les renseignements à même de faciliter un débarquement militaire.
Etudiant la région au double point de vue démographique et militaire, le commandant Perrier estime le nombre des habitants de Bizerte à 4000 “parmi lesquels deux français seulement: l’employé du télégraphe faisant fonction de vice-consul de France et un médecin. Beaucoup de pêcheurs de corail, d’origine napolitaine, placés sous le protectorat de la France, des Italiens et des Maltais, des Juifs indigènes, mais les quatre cinquièmes de la population sont arabes” et ajoute: “Il n’existe, à Bizerte, aucune armée régulière, quelques hommes à peine pour faire le service des ports de la ville. Les bastions ou les tours de l’enceinte portent des canons en embrasure ou en barbette mais ces canons paraissent hors de service et les affûts sont vermoulus.”
Telle est la situation de la ville peu avant l’invasion de la Régence par les troupes françaises. L’occupation des côtes tunisiennes s’effectue à partir de Bizerte “Le 1er mai 1881 l’escadre se présenta devant la ville et somme le gouverneur, beau-frère du Bey, de livrer la ville dans un délai de deux heures. Après avoir hésité une demi-heure, le gouverneur consent à ouvrir les portes à la condition que la vie et les biens des habitants soient respectés et qu’on lui délivre un écrit constatant qu’il n’a cédé qu’à la force. Les forts sont occupés aussitôt et 6000 hommes débarquent.”
L’aménagement d’une base navale
L’occupation de Bizerte offre à la Marine française l’occasion de réaliser un vieux projet: l’aménagement d’une place forte sur la côte septentrionale de la Tunisie. Peu après le débarquement, l’Amiral Conrad écrit au ministre de la Marine: “l’étendue de la rade de Bizerte et du port est telle qu’il serait facile d’y créer dans l’avenir la base maritime la plus importante de la côte Nord d’Afrique vu sa situation sur la route de tous les vapeurs se rendant de Suez à Gibraltar et vice versa.”
Cependant, la mauvaise humeur avec laquelle l’Italie s’oppose au projet de fortification de Bizerte et l’ambiguïté de la position anglaise acculent les Français à différer l’opération. Une fiction juridique permet, en 1889, à la Marine de guerre française de circonvenir les chancelleries européennes. Affectant de donner aux projets d’aménagement de la rade des apparences inoffensives, les autorités du protectorat concèdent, en effet, à une société privée, la Compagnie Hersent, la création de toute pièce d’un port commercial à proximité du lac.
L’opération vise, par delà le développement des infrastructures commerciales, à rendre le lac de Bizerte accessible aux vaisseaux de guerre. Aussi, les principaux points du contrat de concession portent- ils sur le creusement d’un canal de 1500 mètres de long et de 9,5mètres de profondeur faisant communiquer la mer avec le lac ainsi que la formation des terres-pleins destinés aux quais et à l’agrandissement de la ville. Au delà du projet d’aménagement d’un port de commerce, l’administration confie à la Compagnie Hersent la responsabilité d’édifier une nouvelle ville selon un plan en damier parsemé de grandes places et coupé en croix et en diagonales par de larges avenues.
Ville de résidences et d’affaires, la ville européenne devait être élevée d’une part sur l’emplacement des zones marécageuses traversées par l’ancien émissaire du lac et d’autre part sur les terrains gagnés sur la mer et dont la propriété est octroyée au concessionnaire en compensation partielle des frais engagés.
Commencé en 1890, les travaux de creusement du canal et de l’aménagement des quais s’achèvent en 1895. A l’image des villes de Sfax et de Tunis, la nouvelle ville de Bizerte est tracée et allotie concomitamment au creusement du port. Les éléments essentiels de la nouvelle cité sont l’œuvre de la Compagnie Hersent. Celle-ci allotit le terrain, vend certains lots et emploie d’autres à la construction de maisons de rapport selon un plan d’ensemble qui donne un cachet harmonieux au quartier du port.
Les travaux de construction provoquent l’afflux d’un nombre considérable d’ouvriers et de militaires. La population de Bizerte passe de ce fait de 6000 à 12000 âmes pendant la période des grands travaux.
L’aménagement du port de commerce terminé, la Marine de guerre s’attaque à la construction d’un abri pour ses torpilleurs et autres vaisseaux de combat. En 1900, elle engage les travaux de construction de l’arsenal de Sidi Abdallah baptisé plus tard Ferryville.
La conclusion de l’entente cordiale en 1904 ralentit les travaux de fortification. Mais l’éclatement de la Première Guerre mondiale vient, à nouveau, révéler l’importance stratégique de Bizerte en tant que port de guerre, point de ravitaillement et base d’opérations.
Sa situation sur la route d’Orient en fait un point de reconstitution de l’armée serbe et un refuge pour les navires de commerce alliés désirant se protéger ou attendant la formation d’un convoi.
De1914 à 1918, l’arsenal de Sidi Abdallah tourne au maximum de sa puissance, assurant la réparation des unités avariées par les abordages, les explosions des mines et le torpillage. Quant au port militaire, il assure l’approvisionnement en charbon, le renouvellement des unités combattantes et le réarmement de l’armée d’Orient
L’entre-deux-guerres
Les conséquences de la guerre rattrapent une ville en pleine reconversion. Deux faits essentiels dominent, après 1919, la chronique locale. Le premier se rapporte à l’amarrage, dans les eaux du lac, de la flotte autrichienne, tombée en déchéance après le démembrement de l’Autriche-Hongrie, et dont le sort n’a pas été fixé par le traité de Versailles. Le second concerne le remorquage et l’accueil de la flotte russe du général Wrangel.
Adversaires de la révolution bolchévique, les Russes blancs sont écrasés par les armées soviétiques. La France interfère pour faciliter l’évacuation des réfugiés fuyant la révolution soviétique. Bizerte est désignée comme centre d’accueil des Russes blancs et comme port d’abri de la flotte de la Mer Noire. Au total, 4800 réfugiés arrivent à Bizerte à bord de 33 navires de guerre et se voient assigner un mouillage isolé dans le lac.
Du côté tunisien, l’après-guerre est marqué par l’éveil de la conscience nationale. La fondation du Parti libéral et constitutionaliste tunisien ou Parti du Destour introduit une nouvelle dynamique dans la vie du pays. En dépit de l’opposition colonialiste, la première cellule destourienne voit le jour à Bizerte à la fin de 1921. Dès lors, les premiers groupes de nationalistes bizertins se structurent dans les organisations du parti et les syndicats autonomes de la CGTT. L’année 1924 voit éclater la première épreuve de force avec les autorités coloniales à l’occasion d’une série de conflits de travail. Le mouvement ouvrier dégénère à deux reprises et le sang coule à Bizerte.
Au lendemain de la scission de Ksar Helal, du 2 mars 1934 la direction du mouvement national revient au NéoDestour. Structuré sur de nouvelles bases, ce dernier s’affirme par sa conception originale de la lutte et par son approche qui combine le dialogue avec la pression populaire. Appliquant les consignes de lutte populaire du NéoDestour, les nationalistes bizertins descendent dans la rue et bravent les forces coloniales. La ville prend, à l’instar d’autres cités, une part active au mouvement général de protestation qui préfigure les affrontements sanglants d’avril 1938.
Le 8 janvier 1938, l’émeute enflamme Bizerte. La troupe investit la ville et tire dans le tas : des victimes tombent en martyrs et des dizaines de nationalistes, dont le leader Habib Bougatfa, sont appréhendés.
L’occupation allemande
L’avènement du fascisme en Italie puis en Allemagne accélère les travaux de fortification de la base. A la veille de la guerre, Bizerte se trouve en tête des ports militaires les plus larges et les mieux défendus de la Méditerranée. Couvrant une superficie de 300 Km2, la base comporte un complexe opérationnel composé de l’amirauté, d’un abri pour les torpilleurs et les sous-marins, une base d’aviation maritime à Kharrouba, une base d’aviation terrestre à Sidi Ahmed, des postes de détection sur les hauteurs de la ville, l’arsenal et l’hôpital maritime de Sidi Abdallah.
L’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale provoque une nouvelle rupture dans l’histoire de la ville. La campagne de Tunisie débute le 9 novembre 1942. Tenue par les armées vichystes, Bizerte tombe sans coup férir, le 7 décembre, entre les mains des Allemands. Dès lors, elle devient une cible de prédilection des bombardiers alliés. Frappant sans distinction les objectifs militaires et urbains, les pilonnages saccagent le port, les ouvrages de défense et les quartiers résidentiels, détruisant au total 77% de la ville européenne.
La guerre aérienne se prolongeant, les Bizertins évacuent la ville et se réfugient tant bien que mal à Tunis, à Ferryville et dans les villages environnants. La ville de Bizerte, inhabitée et en ruine, est déclarée interdite. Les troupes alliées ne font leur entrée à Bizerte que le 7 mai 1943. Placée sous contrôle américain, la ville devient, après la reddition des forces de l’Axe, la base de départ essentielle pour le débarquement en Italie. La fin de la campagne de Tunisie ne met pas un terme au calvaire des Bizertins. Curieusement, l’interdiction de résider dans la ville se prolonge après les hostilités. Aussi, Bizerte devient-elle un champ de récupération de produits de construction dont la Tunisie a besoin et se voit envahir malgré les barbelés, par des équipes de pilleurs qui procèdent, à la nuit tombante, à l’enlèvement de tous les matériaux utiles (tuiles, portes, fenêtres, tuyaux).
Dans une brochure officieuse, on estime que “1es dévastations postérieures aux faits de guerre ont doublé le nombre des immeubles rendus inutilisables.” L’ampleur du sinistre est telle qu’on envisage le déplacement de la ville sur un terrain nouveau sur la rive sud du canal.
Le noyau d’une ville nouvelle, séparée du port de commerce et appelé provisoirement cité ouvrière, voit le jour à Zarzouna à partir du printemps 1944. Mais les difficultés de financement et le refus de la majorité des Européens de s’installer à Zarzouna entravent la réalisation du projet.
La bataille de l’évacuation
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’évolution de la Tunisie vers l’autonomie se précise. La montée en puissance du Mouvement National accule le Protectorat à faire des concessions. Le 3 juin 1955, l’autonomie interne de la Tunisie est solennellement reconnue.
Le 20 mars 1956, le pays accède à l’indépendance. Cependant, l’abolition du Protectorat français ne met pas fin à la présence militaire française à Bizerte. La France reconnaît, certes, la souveraineté tunisienne sur la ville, mais refuse de négocier le statut de la base aéronavale. Dès lors, la question de l’évacuation va devenir une exigence impérieuse du nationalisme tunisien. L’arrivée du général de Gaulle au pouvoir en mai 1958 permet d’entrevoir une solution négociée au problème. Après le retrait des troupes françaises des autres points du territoire tunisien, on accepte, en 1960, de remettre aux autorités tunisiennes les casernes situées au centre de Bizerte. Mais l’hypothèque qui pèse sur la base militaire n’est pas levée pour autant. Tant s’en faut, en dépit des multiples démarches diplomatiques, la France rechigne à partir d’un point fort aussi stratégique, tant que la guerre d’Algérie n’est pas finie. A la fin du mois de mai 1961, elle entreprend, sans consentement préalable des autorités tunisiennes, des travaux d’agrandissement et de renforcement de la piste d’envol de l’aéroport militaire. Cet acte est considéré comme un casus belli: l’ampleur des travaux entrepris exclut, aux yeux des Tunisiens, toute idée de départ. La crise rebondit à nouveau et l’engrenage d’une épreuve de force se met rapidement en place. Le blocage de la situation débouche sur un conflit armé qui met aux prises les forces armées tunisiennes, les volontaires civils, les jeunesses destouriennes et les forces aéronavales françaises de la base renforcées par les troupes aéroportées de la légion étrangère. La bataille embrase les villes de Bizerte et de Menzel Bourguiba du 19 au 22 juillet 1961. Le bilan de la guerre, du côté tunisien, est de 670 morts et 1100 blessés.
Le 15 janvier 1962, les négociations tuniso-françaises sur le sort de Bizerte s’amorcent à Paris. Elles aboutissent, après quelques mois, à la reconnaissance de la souveraineté de la Tunisie sur l’intégralité de son territoire. Le 15 octobre 1963, toutes les forces françaises quittent la base de Bizerte.
Références
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Abdelouahed Braham Enseignant et animateur culturel
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Hédi Bouaita Architecte et enseignant à l’école Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis
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Dr. Mourad Ben Jelloul Maître assistant de géographie à la faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis
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Dr. Noureddine Dougui Professeur d’histoire à la Faculté des Lettres de la Manouba


Je suis arrivé en Militaire Terre Français à Bizerte (Tunisie) avec ma Famille : Epouse et trois Enfants en 1962 = après les combats ! Et j’y suis resté jusqu’en 1963 avec l’évacuation totale ! Voici mes observations :
1°) Les Tunisiens était émus et apeurés de voir partir les Français, car les factions
partisanes Tunisiennes se battaient ouvertement. Une nuit, la Police a arrêté un Voisin Tunisien Musulman que je ne fréquentais pas et qui complotait contre Bourguiba. Les Policiers, voyant que je protégeais un autre Voisin : Jeune Homme ami de ma Famile avec sa Mère m’ a dit : “Vous ne risquez rien, car vous êtes Militaire Français et … votre Voisin Gérard Chiche ne risque rien car il est un Tunisien … Juif (ce que je savais !) mais les Juifs -toujours plaints pour la Shoah- n’étaient pas mal traités : CQFD en comique !
2°) Le jour du départ et lorsque mon Bateau sortait du Port de Bizerte, les Tunisiens faisaient la haie le long des quais et il nous adressaient des signes discrets d’adieu en pleurant et en se cachant de la Police qui … ne leur disait rien !
3°) Le Douanier, qui a inspecté mon déménagement de mobilier, était heureux car je lui ai donné tout le mobilier militaire que j’avais utilisé pour meubler mon appartement -Place près du Port Maritime- en Pasdsager provisoire !
4°) En Chef comptable, je devais remettre tout le mobilier en bois de la Base Terrestre au Consulat de France qui le vendait pour son compte. Je n’en ai rien fait : avec l’ Aumônier Catholique, qui assurait le transport : Il était le seul dont les Gendarmes n’arrêtaient pas ses véhicules (Sa voiture et son camion de meubles luxueux car ayant été fabriqués sur mesures durant toute la durée du Protectorat pour les Généraux, du sud au nord de la Tunisie, et remontés à Bizerte au fur et à mesure des départs de l’ Armée Française) et nous avons tout donné à l’ Ecole des Soeurs Chrétiennes – Catholiques qui enseignaient tous les Enfants des Etrangers et … de … Tunisiens de la haute société … en cachette !
C. B. – P.
@Christian Barral-Poignard
Pathétique! Vous voulez nous dire quoi au juste? Les gentils français qui ont occupés la Tunisie pendant 85 années ? Ces même gentilles français qui ont choisi de faire cette opération minable comme par hasard au moment même où les tunisiens se sont activement engagés dans des manouvres réformiste et moderniste, en ayant à cœur de prendre leurs destin en main et suivre la tendance de l’époque ? Mais que nenni ! Les gentils français, qui ont pourtant vécu cette vague réformiste auparavant, mais dans le sang, ont en décidé autrement ! Reforme et modernité pas pour vous les tunisiens, mais seulement pour les gentille petits français, quitte à massacrer la population entière et pourquoi pas annexer le sud de la méditerranée au pays des droit de l’homme !
Et quand les chosent n’allaient pas comme on le voulait, on évacue, on laissant derrière nous une dépendance politique, économique et culturelle à la gentille France, le tout garnis d’une dictature loyale à cette même gentille France.
Mr. Christian Barral-Poignard, donnez-moi votre adresse je vous enverrai un chèque pour les meubles que vous avez laissez derrière vous avant de quittez la terre que vous avez violez pendant 85 années, dans l’humiliation et le massacre de ses propriétaires!
Vous me faites vraiment pitier avec vos observations.
bien dit sofiane,il sort d’ou ce Mr Poingnard? les tunisiens pleuraient pour leur départ!! c’est pas pour leurs proches que vous avez massacrés vous êtes sur???? c’est vrai vous êtes ridicule avec vos notes et surtout lorsque vous parlez de votre moblier !
° Pauvres Sofiane et Nesrine !
° Je raconte l’ histoire comme elle a été et non comme vous aimeriez qu’elle ait été.
Un Tunisien : 40 ans, Professeur de Mathématiques en France et interdit de séjour
avant la ” Révolution des Hommes et pas des Femmes” d’avril 2011 = pas de démocratie aime mes récits écrits !
° Oui les Tunisiens pleuraient en 1963 le départ des Français et de leur argent !
° Oui pour le mobilier au Collège des Soeurs Catholiques où le Directeur du Lycée
Tunisien envoyait ses Enfants !
° J’ai été un Passager de 1962 à 1963 et j’ai entretenu de bonnes relations avec
les Tunisiens de toutes conditions de mon époque : travailleurs sans diplômes et
rien à voir avec la Jeunesse diplômée et disant des bêtises = comme la Jeunesse Française !
° La solution = bombe nucléaire totale des Iran ou Corée du Nord : On écrase tout et on recommen,ce avec des Gens à la tête saine ! Je peux m’en aller : j’ai bien vécu : dur et pénible de 1932 à 2011 = 79 ans !
° En eunuque par castration chimlique en traitement du cancer de la prostate, je ne bande plus = plus de jouissance, mais j’en donne aux Femmes qui me le demandent en musicien à cordes = 10 doigts et à vent = deux lèvres et une langue et … Elles hurlent de plaisir ! Certaines préfèrent celà à la brutalité des
Hommes qui rentrent dans leurs ventres en sauvages !
° A TUNIS, des Dames qui travaillent avec FranceTélécom m’attendent !
C. B.-P.
Hello les Jeunes Sofiane et Nesrine : Où êtes vous ?
C. B.- P.
L’ historien empirique : ô combien plus efficace en ancien de terrain =
combattant qui voit la merde et logisticien qui la comprend en ses magouilles politicardes
que les historiens universitaires qui répètent les documents de l’enseignement trafiqué
-par raccourcis techniques, dit-on-
se passionne par les rappels de faits guerriers historiques
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INDOCHINE en Viêt Nam – Cambodge – Laos
GUERRE NON COLONIALE
m a i s GUERRE CIVILE ANTICOMMUNISTE : 1945-1954
comme la GUERRE de CORÉE (1951-1953)
Participation active du P.C. « F ». à la Guerre d’Indochine : 1945-1954 contre l’Armée Française, aux ordres du Gouvernement de la République Française aidant temporairement les États Associés : Viêt Nam, Cambodge, Laos : légitimes en représentation de 98% de la Population et ayant accédé à l’indépendance accordée par la France en 1948-1949 et disposant de leurs institutions politiques (Législatif – Gouvernement – Justice) mais pas d’armées. Alors, les États Associés ont été attaqués par le P.C. « Indochinois » : illégitime en sa représentation de seulement 02 % de la Population, mais … disposant d’une Armée : mise en place par création par le Japon nazi en racisme anti – blancs et : formation, entretien en armes et munitions par les Services Spéciaux -ancêtres de la CIA- des États-Unis durant la Seconde Guerre Mondiale, en Alliés de l’URSS dans la lutte contre le nazisme en sa version asiatique représentée par le Japon dont la sauvagerie égalait celle de l’Allemagne.
Après huit ans de conflit, au 1er janvier 1954, les effectifs anti communistes étaient les suivant
* Armée Française NON INDOCHINOISE : 151.000 Combattants ) 1
et ) = 155.650 /
Encadrement trois Armées États Associés : 4.650 ) 3
* Armée Française INDOCHINOISE
En Réguliers et Supplétifs à reverser aux
Armées Nationales Viêt, Khmer, Lao : 108.000 Combattants ) 2
) = 365.067 /
* Armées Nationales Viêt, Khmer, Lao : 257.067 Combattants ) 3
Ne sont pas comptées les Partisans des Ethnies Montagnardes : Combattant depuis toujours,
pour leurs comptes, l’Ethnie Viêt nationaliste et / ou communiste : raciste envers Elles.
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ALGERIE en Départements Français passés de 03 à 12
Du 01-11-1954 au 19-03-1962 = 07 ans – 04 mois – 18 jours
Guerre coloniale par refus d’ indépendance à un Pays créé par la France en bien et en mal :
Deux Populations en Français de 1ère zone / Européens et Juifs et de 2ème zone / Musulmans
sur un site sans Pays-Nation en 1830 = reconnu par un Leader Indépendantiste modéré et éliminé !
Combats meurtriers et Accidents divers : armes et munitions, véhicules par maladresses, indisciplines
(Les Rappelés étaient bien plus capables et sérieux)
03 millions d’ Appelés des Contingents de 18 mois et maintenus jusqu’à 28 mois,
avec Rappel des Classes 1952 et 1953
30.000 Tués de 20 ans à 25 ans – 250.000 Blessés
Et : intéressant = 800.000 Cas Sociaux qui permettent aux Dirigeants d’ Associations
de maintenir la pression sur les Dirigeants politiques ;
plutôt que de l’ intérêt manifesté aux Nécessiteux !
Victoire de 450.000 Algériens
en Opérations de Sécurité et de Maintien de l’ Ordre :
Ministre de l’ Intérieur = décideur
Ministre des Armées = fournisseur de Personnels et moyens militaires
en renfort des Polices et Gendarmerie
devenus une Guerre en … 1998
par suite d’électoralisme des politicards de « gauche » et « droite » sur demande insistante
d’une Association d’ Anciens Combattants : F.N.A.C.A. (Appelés – Rappelés en … couillonnés)
à encadrement c o m m u n i s t e et s o c i a l i s t e.
Et, les Présidents des autres Associations vous disent de vous taire pour ne pas mettre en péril
le clan du Comité d’ Entente des Présidents lors des cérémonies avec Autorités officielles =
C H A R L O T S !
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BIZERTE : Base Inter – Armées en TUNISIE indépendante
Du 20 juillet au 26 août 1961 en Opération « charrue courte »
France : 19 Tués et 93 Blessés – Tunisie : 723 Tués et 656 Prisonniers
Le Président Tunisien aurait voulu que la France parte de son Pays en Armée ;
mais en lui laissant ses Ingénieurs Militaires, Cadres Civils de l’ Armée
pour faire fonctionner l’ A r s e n a l qui lui aurait rapporté des profits financiers
en réparations des Navires civils et militaires des Pays de la Région.
Il a voulu forcer la main du Général De Gaulle, président de la République Française :
Envoi de Foule avec Femmes et Enfants en tête pour envahir la Base Inter Armées !
Manque de p o t : C h a r l o t a réagi avec fermeture des portes et : « Ouvrez le feu sur
les Militaires Tunisiens ! » Intervention des Parachutistes Français avec ouverture du feu
sur Eux … en vol et … au sol mitraillage des Prisonniers Militaires Tunisiens !
Et situations comiques :
° En courant 1962, survolant une Compagnie Tunisienne à l’ instruction,
j’ai demandé au Pilote de l’ hélicoptère de faire un arrêt en l’air en sur place sur Eux :
Et … fuite de la Compagnie que ses Officiers ne maîtrisaient pas = souvenir de l’an 1961 !
° En septembre 1963, déménageant ma résidence, en présence de la Douane Tunisienne,
j’ai donné une partie de mon mobilier -devenu inutile pour ma Famille- au Douanier ;
et … fin de contrôle : alors que je n’avais rien à dissimuler !
° En octobre 1963 : Passager sur le dernier Bateau quittant le Goulet,
le Peuple Tunisien nous disait : « A dieu ! » discrètement de la main
restée le long du corps pour ne pas être vus des Policiers Tunisiens qui … regardaient ailleurs !
C. B.-P.
Très interessant.Avez vous une idée sur le projet de transfert de la ville à zarzouna en 1943?